Danny Boyle nous met en Trance

Danny Boyle, le réalisateur de films cultes de notre génération, telsTrainspotting et Petits meurtres entre amis qui ont tourné en boucle dans nos lecteurs VHS, revient avec Trance, un thriller qui ne va jamais là où on l’attend. Un film ludique porté par James McAvoy, un des meilleurs acteurs de sa génération.

Danny Boyle est l’ambassadeur de ce cinéma britannique sombre et désillusionné sur la société et sur le genre humain en lui-même. Véritable gloire nationale, il a dirigé la cérémonie d’ouverture des JO de Londres en juillet 2012, il est surtout à l’origine de longs-métrages qui synthétisent toutes les obsessions du cinéma de son pays, tournant autour des difficultés économiques et culturelles qui ont engendré des générations perdues répondant au monde par la violence, toujours traitée à travers le prisme d’un humour très noir. Il avait fait de cette thématique le centre d’un triptyque composé de ses films Petits meurtres entre amisTrainspotting et Une vie moins ordinaire. La quête d’identité de son cinéma est aussi révélatrice de celle du britannique, toujours en mutation, Boyle revient de son séjour hollywoodien, avec Slumdog Millionaire et 127 Heures, vers ses premières amours;Trance, écrit par John Hodge, le scénariste de ses quatre premiers films, un thriller plus sombre et torturé, qui n’est pas sans rappeler son premier long-métrage, Petits meurtres entre Amis.

Les similitudes sont en effet multiples. La présence d’un puissant trio, composé de deux hommes et une femme, toujours, on pense aussi à La Plage, celle de cet humour parsemé de ci de là au milieu d’une intrigue qui se révèle profondément tragique. Puis ce héros central au départ archétypal, comme le sont tous les autres personnages, fougueux et naïf, qui évoluent dans un Londres plus sombre que jamais, symbole de la noirceur qui habite les personnages et les relations qu’ils entretiennent entre eux, marquées par la violence. Mais une fois ces thèmes établis et le spectateur mis en confiance, Trance ne cessera de nous surprendre, à travers de nombreux changements aussi bien au niveau du fond que de la forme.

Le récit s’ouvre sur un simple film de braquage, devient thriller psychologique explorant l’inconscient et brouillant les frontières entre réalité et fiction pour finir en tragédie amoureuse. Boyle s’amuse dans la forme en faisant parler son personnage face caméra, en montant en parallèle une séquence de vol et la narration de celle-ci par le personnage principal ou en insérant des souvenirs dans le récit, comme autant de flashs qui ne prennent sens qu’à la fin du récit. La véritable force de Tranceest cette expérimentation constante de la forme cinématographique, ce jeu du réalisateur avec le spectateur, qui nous fait traverser l’histoire de façon ludique et qui construit ainsi bien plus qu’un simple thriller. Les personnages ne sont pas ce que l’on pense, les situations non plus et surtout le véritable cœur de l’intrigue n’est pas là où on l’aurait cru.

Malheureusement les effets du réalisateur ne sont pas tous maîtrisés et tendent à la fin vers un dangereux brouhaha assez maladroit. L’intrigue est d’ailleurs tout au long du film sur le fil, penchant parfois dangereusement vers des facilités qui pourrait être évitées, comme la succession de twists, de rêves dans le rêve, nous rappelant un cinéma des années 90 assez indigeste. C’est pour ces raisons que Trance ne pourra jamais s’élever au rang de la haute maîtrise d’un Inception, vers lequel il tend, à travers les thèmes explorés, l’inconscient humain, le pouvoir de décision, le rêve. Ce qui donne ses lettres de noblesse à Trance c’est l’exploration de cette volonté humaine jamais amoindrie, ni par la violence, ni par la peur. Des thèmes puissants qui donneront de très jolies scènes dans un ensemble assez disparate, dans lesquels James Mc Avoy, qui tire indiscutablement son épingle du jeu, face à Vincent Cassel et Rosario Dawson, nous montre encore une fois l’étendue de son talent et de sa puissance dramatique.

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