Robert Redford sous surveillance

Après La Conspiration en 2011, tout droit sorti en DVD, Robert Redfordreprend son rôle de réalisateur dans un thriller qui renoue avec les thèmes qui hantent son cinéma depuis Des Gens comme les Autres en 1980. Sous Surveillance nous entraîne dans une course poursuite paranoïaque et anxiogène, mettant en évidence les peurs d’une Amérique en questionnement sur son héritage. Un thriller de manufacture classique qui, bien qu’il fonctionne, nous laisse un peu sur notre faim.

Robert Redford, icône du cinéma américain, avec Paul Newman ou autre Clint Eastwood, a mis à profit son âge avancé pour construire une réflexion rigoureuse sur une Amérique rongée par la paranoïa et en quête d’identité. En résulte des réalisations rigoureuses, exigeantes autant que divertissantes, comme sait si bien le faire le cinéma d’Outre Atlantique, Lions et Agneaux sur l’enlisement de l’armée américaine en Afghanistan ou encore La Conspiration, autour de la traque des assassins de Lincoln. Sous Surveillance, titre au grand potentiel anxiogène, revient sur une autre partie de l’histoire américaine, celle activiste et militante des années 70. Celle du Weather Underground, groupuscule radical et violent, qui protestait contre la guerre au Vietnam et alla jusqu’à donner la mort pour prouver le bien fondé de leur combat contre la politique américaine.

Inspiré de l’ouvrage de l’écrivain Neil Gordon, plus que les faits historiques eux-même, ce qui intéresse Robert Redford et on le devine dans la première scène, de petit déjeuner familial entre les parents et leurs deux enfants, c’est l’humain, les liens dramatiques qui lient les personnages les uns aux autres, mais surtout la notion d’hérédité de responsabilité parentale, qui traverse tout le film. Si les rouages du thriller sont plutôt mis en œuvre intelligemment et efficacement, ce n’est pas lui qui retiendra notre attention, par son manque de rythme d’abord et par la simplicité de son dénouement ensuite. Robert Redford veut nous faire explorer les arcanes, non du pouvoir, mais de l’âme de ceux qui le font. Malheureusement, ce propos ambitieux autour de la transmission, ne fait qu’être amorcé, dévoré par les deux autres intrigues fournies également, autour de la cavale du héros, interprété par Robert Redford et de l’enquête menée par un jeune journaliste, joué par Shia Labeouf.

Ce dernier fil dramatique autour d’une quête constante de la vérité, qui ne pourra être apportée ni par le FBI, ni par les acteurs de l’histoire, mais par un journaliste uniquement, nous évoque un des films de l’acteur Robert Redford les plus emblématiques, Les Hommes du président de Alan J.Pakula. la conclusion est ici moins radicale, peut-être grâce à la sagesse que l’on acquiert avec l’âge, Redford conclue que toutes le vérités ne sont pas bonnes à dire, même lorsque l’on est journaliste. En même temps il s’interrogera sur le métier en constante évolution, sur ce qu’est être journaliste aujourd’hui et sur la notion d’intégrité dans la pratique du métier. Shia Labeouf maîtrise sa performance, au milieu d ‘un casting de haut vol, Nick Nolt et surtoutSusan Sarandon à l’origine d’une des scènes les plus maîtrisées du film, son interrogatoire dans le parloir de la prison. Robert Redford s’est pour son dernier long-métrage offert le rôle principal et a peut-être ainsi été trop gourmand, comme il l’a été avec le scénario. A 76 ans, l’observer crapahuter dans les bois, grimper des murs et autres obstacles pour fuir la police, devient presque gênant, au sein d’une intrigue aux thèmes trop nombreux pour être menés à bien.

SOUS+SURVEILLANCE+PHOTO1

 

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