The Great Gatsby : Leo le magnifique

The Great Gatsby a ouvert le 66e festival de Cannes dans le bruit et la fureur. Un mélange énergique qui malheureusement en privilégiant le spectacle et en oublie les sentiments. Une première déception cannoise sauvée de justesse par un Leonardo Dicaprio solaire qui confirme son statut d’icône. 

Une question sur toutes les lèvres des journalistes, The Great Gatsby est-il un bon choix pour ouvrir le festival de Cannes 2013 ? La réponse est indéniablement oui. Quoi que l’on puisse penser du style de Baz Luhrmann, on peut lui reconnaître qu’il sait créer des objets cinématographiques grandiloquents aussi bien dans la forme que dans l’émotion. Cette démesure formelle n’a jamais été aussi grande chez Luhrmann, grâce à l’utilisation de la 3D notamment qui contribue à renforcer la facticité de cet univers de carton dans lequel évoluent les personnages. Comme dans Roméo+Juliette, le monde n’est qu’une pièce de théâtre que les humains interprète pour le tout puissant, dont le regard omniprésent, est lourdement concrétisé par une pancarte à lunettes surplombant la vallée des cendres. Par la musique ensuite, composante essentielle de l’œuvre du réalisateur, qui s’il avait été vers le son rock pour Roméo+Juliette, donne ici un habillage pop et r’n’b à son Gatsby. Les mouvements de caméra eux-mêmes sont outranciés, se laissant aller à des plans aériens monumentaux, des plongeons vertigineux ou encore une accumulation de travellings appuyant le clivage entre les deux maisons, celle de Jay Gatsby et de l’amour de sa vie Daisy Buchanan (Carey Mulligan), chacun d’un côté d’une rive.

Rappelons que l’essence du Gatsby c’est cette histoire d’amour soumise aux déterminations sociales de l’époque, fantasmée par un jeune Gatsby lumineux et plein d’espoir qui se confrontera à un Gatsby marqué, dure, violent, à l’image du monde réel qui vient fracasser ses rêves en mille morceaux. Toutes ces émotions viennent marquer le visage d’un Leonardo Dicaprio, que l’on n’avait pas vu si lumineux depuis bien longtemps, on retrouve alors les traits délicats du jeune Roméo ébloui par sa Juliette, en même temps qu’on le découvre maladroit, presque burlesque dans certaines séquences, avant de revoir les rides se creuser sur son visage tourmenté, à la limite de la folie. DiCaprio comme une apparition jailli à l’écran après une demi-heure de film et nous sauve de l’ennui qui s’installait sérieusement, face à un narrateur , Tobey Maguire, sans charisme aucun et aux mimiques forcées. A l’image de son personnage c’est la présence de Leonardo DiCaprio qui électrise.

Sans lui, cette démonstration pyrotechnique dans laquelle les lumières, les sons, les mouvements se bousculent, virerait à l’ennui mortel. Baz Luhrmann reprend les mêmes recettes qui avaient fait les jours heureux de son cinéma et les applique presqu’à la lettre dans son nouveau travail, qui veut pourtant réconcilier mythe et modernité. Mais le résultat général paraît terriblement désuet, à travers un symbolisme appuyé et trop didactique, opposant la décadence bourgeoise à la misère ouvrière, et des scènes que l’on jurerait tout droit sorties de Moulin Rouge !, Tobey Maguire assis derrière sa machine à écrire rejoue le personnage d’Ewan Mcgregor plus de 10 ans après. Un malaise s’installe, car si Luhrmann était extrêmement novateur dans son style fin des années 90, début des années 2000, et est à l’origine d’un des films les plus périlleux des années 90, avec Roméo+Juliette, il ne l’est plus aujourd’hui. The Great Gatsby a comme un goût de réchauffé, concocté par un chef qui s’entête à reproduire les mêmes recettes sans prendre en compte l’évolution de son temps. Il ne parviendra pas à dépasser le mythe construit par Fitzgerald, mais a le mérite d’en avoir crée un nouveau ; Leonardo DiCaprio, sans aucun doute.

 

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2 réflexions sur “The Great Gatsby : Leo le magnifique

  1. Bon..j’irais le voir ne serait ce que pour Léo en tout cas! Pour la musique j’ai entendu que Jay-Z avait bosser dessus?

    Bisous ma journaliste préférée!

    • Oui oui il faut y aller il vaut le coût grâce à lui! Oui la bande son est vraiment top, pas super bien utilisée, mais il y a Jay-Z, Beyonce puis y a surtout Florence and the Machine, Lana Del Rey, Jack White et plein d’autres!

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