The Bling Ring : un Coppola sympa!

Sofia Coppola ouvrira ce soir la compétition Un Certain Regard  du 66e festival de Cannes, avec The Bling Ring. Un film qui entre, tout logiquement, dans la continuité de sa filmographie, sur des adolescentes perdues, des sacs Chanel, des escarpins Louboutin sur une musique rock et éléctro. Un beau, frais, Coppola avec une Emma Watson juste. Qui l’eût cru ?

« C’est en faisant n’importe quoi que l’on devient n’importe qui ». Cette déclaration pourrait servir d’adage à la bande de lycéennes décrites par Sofia Coppola dans son film très attendu, The Bling Ring. Membres d’une génération qui a érigé les filles de et autres filles de rien au rang d’idoles, Paris Hilton en tête, le petit groupe se prend à devenir lui aussi n’importe qui, en faisant n’importe quoi, c’est-à-dire  cambrioler les maisons de ces stars éphémères. Puisqu’elles n’existent que par ce qu’elles possèdent le gang en prendra une part pour exister à son tour.

Bling Ring résonne comme un ôde à la vacuité de cette jeunesse hollywoodienne , déjà écorchée dans le précédent film de la réalisatrice Somewhere qui montrait la superficialité de la ville américaine. Sofia Coppola s’en donne alors à cœur joie en passant en revue le butin des jeunes femmes, sacs Birkin, bijoux en tous genres et chaussures Louboutin, sur fond d’une bande son rock éléctro, qui sait toujours faire son petit effet chez la cinéaste, et nous rappelle au bon souvenir de sa Marie-Antoinette, mais également de toute sa filmographie. Il apparaît en effet d’une logique implacable qu’elle ait adapté cet article paru dans Vanity Fair sous le titre « Les suspects portaient des Louboutin » relatant les vols commis par une bande d’adolescentes majoritairement (Cinq filles et un garçon). On se souvient immédiatement de Virgin Suicide et de sa dissection subtile des malaises adolescents que l’on retrouve ici, comme le poids des parents abusifs pour Nickie, celui de parents inexistants au contraire pour Sam et Becca ou encore l’exclusion pour Marc.

Mais comme dans Virgin Suicide, Sofia Coppola ne cherche ni à comprendre, ni à expliquer, mais montre simplement, neutralement et renforce ainsi le malaise d’une telle légèreté face à des actes dont la gravité s’abat comme une chape de plomb à la fin du film, avant de terminer sur une confirmation de ce vide abyssale. Les personnages superficiels au possible, qu’Emma Watson, loin d’être le personnage principal, interprète mieux qu’elle n’a jamais interprété aucun rôle, sont si stéréotypés que si la mention « inspiré d’une histoire vraie » n’était pas présente, on douterait de leur vraisemblance. Malheureusement ils le sont bien, réels, produits de leur époque qui  développe une fascination perverse pour les stars de rien, comme on finit presque par le faire au fur et à mesure du film si rythmé, si fun, si cool, qu’on en oublie la vraie vie, comme ça d’un seul coup.

The-Bling-Ring1

Publicités

3 réflexions sur “The Bling Ring : un Coppola sympa!

  1. j’aime ta précision au sujet d’Emma Watson, qui ne foire pas le film étant donné qu’elle n’a qu’un rôle minime, héhé.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s