Tel père, tel fils : l’instinct paternel selon kore-Eda

Kore-Eda est une nouvelle fois en compétition officielle du festival de Cannes, avec son film Tel père, tel fils. Après son I Wish, sorti l’année dernière, portrait très juste de l’enfance à travers le lien qui unit deux jeunes frères, il confirme sa grande habilité à saisir cet âge de la vie.  Un projet qu’il partage avec le président du jury,  Steven Spielberg, qui devrait alors facilement se laisser séduire.  

Kore-Eda est un des chouchous du festival de Cannes puisque son film Tel père, tel fils est le cinquième présenté à Cannes. Il prouve une nouvelle fois qu’il mérite sa place dans la sélection avec un portrait émouvant de l’enfance et des relations père, fils. La situation initiale, celle de deux bébés échangés à la naissance,  qu’il exploite,  est assez usitée par le cinéma, on pense bien-sûr chez nous au La vie est un long fleuve tranquille de Chatiliez, mais dans l’œil de Kore-Eda elle gagne en puissance. Le cinéaste installe doucement cette situation de départ pour, très progressivement, la transcender dans un final chargé en émotion .

C’est le quotidien des deux familles bouleversé, que le réalisateur prend le temps de montrer, pointant ainsi du doigt  la difficulté, voir l’impossibilité, de remplacer les liens du cœur par ceux du sang. C’est bien cette question qui est au centre de la réflexion du long-métrage : l’amour porté à son enfant est-il lié au sang que l’on partage avec lui ? C’est en tout cas ce dont est persuadé le père d’une des deux familles qui, une fois la vérité mise au jour dira une seule chose « tout s’explique donc ». Ce tout c’est cette différence entre son fils, timide, doux et fragile et lui-même froid, bourreau de travail, obsédé par la réussite. C’est à cette vérité qu’il se raccrochera et au nom de cette dernière qu’il s’autorisera à commettre un acte des plus monstrueux : dire au petit garçon qui l’appelle papa que le nouveau couple qui va désormais l’élever l’aime bien plus que lui.

Si c’est cette relation père, fils qui est au premier plan, la place des femmes est pourtant indispensable. Comme en retrait dans les actions mises en scènes, en un plan les isolant côte à côte dans un restaurant, Kore-Eda nous fait comprendre que c’est elles qui détiennent le pouvoir. Ce que le père comprendra seulement dans la dernière scène, les femmes l’ont-elles tout de suite saisi : l’amour n’est soumis à aucune condition empirique. C’est avec cette réponse délicatement amenée par le japonais que le film, imparfait bien-sûr, par exemple dans l’opposition si dichotomique des deux familles, des deux pères surtout , qu’elle en devient stéréotypée, s’achève et fini de nous séduire.

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