The Lunchbox : l’empire des sens

Ritesh Batra, réalisateur indien a été honoré à la semaine de la critique qui  a présenté son film The Lunchbox. Honneurs mérités pour un long-métrage qui montre un autre visage de l’Inde, celui de la vie de tous les jours, celui d’un pays où les histoires d’amours peuvent naître comme partout dans le monde. 

A Cannes les Sélections parallèles peuvent offrir de véritables petits bijoux et la semaine de la critique nous l’a confirmé dimanche, avec le film indien, The Lunchbox. Mieux connu à travers le style bollywood ou plus récemment les polars, dits Mumbai Noir,s le cinéma indien, à l’honneur cette année, révèle une autre facette à travers un cinéma indépendant plus réaliste. Si la musique, si indispensable à ce cinéma là, est toujours présente, elle se fait plus discrète utilisée comme fil rouge dans les scènes de voyages, celui de la lunchbox surtout, transportés par un service spéciale, les « Dabbawallahs » de Bombay, du domicile des femmes au bureau des maris. Cet élément sera celui qui servira de point de départ à une intrigue amoureuse entre une femme au foyer, merveilleuse cuisinière et un employé de bureau bientôt à la retraite, à qui elle envoie ses repas par erreur.  Cette dernière sera vite découverte et s’installera entre eux une correspondance toujours via le transit de la lunchbox.

C’est ce va et vient qui soutiendra le rythme du film créant l’attente des personnages comme celle du spectateur entre chaque envoi de la boîte en question. Comme on déshabillerait une femme pour lui faire l’amour, le personnage principal prend son temps pour découvrir le contenu de chaque compartiment, et pour préliminaires renifle les odeurs qui s’en dégagent. On déguste avec lui chaque repas envoyé prenant à chaque fois une forme de déclaration d’amour. Ritesh Batra fait plus ici que prouver que le cinéma indien n’a rien à envier à son modèle hollywoodien, en plus de construire une comédie romantique qui remplit le cahier des charges du genre (une rencontre inopportune entre deux êtres que tout oppose, une dose d’humour avec des personnages secondaires cocasses…) il intègre un troisième personnage qui donne tout son intérêt au  film, la nourriture.

La nourriture comme plaisir des sens, mais aussi comme parfait moyen de caractériser les personnages (celui du collègue un peu ennuyeux qui coupe ses légumes dans les transports) et  le lieu dans lequel ils évoluent, Bombay. Pour peut-être une des toutes premières fois la ville et ses habitants sont montrés sans misérabilisme, sans noirceur ou au contraire sans folie des grandeurs. Bombay devient au même titre que New-York ou Paris une ville où l’amour peut naître d’une rencontre entre deux êtres qui n’étaient pas destinés à s’aimer.

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