The Immigrant : mélo molasson

James Gray s’attaque à un des grands épisodes de l’histoire américaine : la vague d’immigration des années 20. Un grand sujet traité d’une façon bien anodine dans cet ensemble sans vie qui, au finale, nous laisse assez indifférent.

James Gray avec The Immigrant visite une nouvelle fois ses thèmes de prédilections, qui font la force de son cinéma : la famille et les liens indéfectibles qui lient ses membres, ainsi que la citoyenneté et les devoirs qui l’accompagnent. Comme contexte, il prend les Etats-Unis des années 20 et plus précisément la grande vague d’immigration qui a construit l’identité du pays et reste cher aux américains d’aujourd’hui. Nombreux sont les cinéastes qui s’y sont essayés, on pense bien-sûr au plus célèbre et au plus appliqué dans l’exercice, Francis Ford Coppola et de son deuxième volet du Parrain. Cette fois l’immigration en question n’est pas italienne mais polonaise et on retrouve alors les passages obligés  dans le traitement du sujet,  notamment cette scène du tri des arrivants dans l’imposant hangar d’Ellis Island. Toute cette période est ici auss,i assez bien représentée grâce surtout à la belle photographie, presque sépia, de Darius Khondji (directeur photo sur Amour ou encore My Blueberry Nights) et à une reconstitution d’un des café théâtres de l’époque.

On ne peut pas non plus reprocher grand-chose à la mise en scène de James Gray, appliquée, rigoureuse, qui en devient trop académique au finale. C’est la grandiloquence du sujet qui a peut-être forcé cet académisme, qui lui seul pouvait contenir tout ce qu’il recelait. La grandeur est alors tellement contenue qu’elle disparaît presque pour laisser la place à un mélo sur la prostitution et la misère des immigrés. Au centre de ce dernier, Marion Cotillard en réfugiée polonaise, qui pour nous communiquer sa grande détresse y va à grand coups d’yeux écarquillés et de petits gémissements désespérés. Joaquin Phoenix suit le pas en incarnant un mac bien molasson, comme l’est l’intrigue elle-même, que l’on finit par suivre d’un œil assez distrait.

On ne sait pas très bien ce que Gray veut nous raconter finalement, l’histoire d’une femme, mais qui n’est vue qu’à travers les faiblesses et les jeux virils des hommes, ou encore celle de l’immigration, mais montrée seulement à travers  la prostitution d’Ewa (Marion Cotillard) ou encore l’histoire d’amour d’un homme Bruno (Joaquin Phoenix) et d’une femme, Ewa. Mais là encore ça ne fonctionne pas à cause du développement assez pauvre de leur relation, qui essaiera de prendre de l’ampleur à la fin du film mais fera alors l’effet d’un pétard mouillé.  Aucune envolée à l’horizon, aucune passion non plus pour le nouveau Gray, bien tiède.

marion-cotillard-et-joaquin-phoenix-the-immigrant-le-budget-du-film-est-estime-a-16-5-millions-de-dollars-source-imdb_518980b17e8b1

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