La Vénus à la fourrure : huis-clos virtuose pour Polanski

La Vénus à la fourrure est venue clôturer en beauté la sélection officielle du 65e festival de Cannes. Avec cette nouvelle adaptation d’une pièce de théâtre, après Carnage, Roman Polanski revient à son cinéma d’autrefois, dans lequel l’homme y est vulnérable, fragile mais aussi cruel et ridicule. Une vraie réussite qui nous réconcilie avec le réalisateur de Rosemary’s Baby.

Roman Polanski n’avait pas réussi à me séduire depuis un bon nombre d’années, depuis Lune de Fiel en 1992 en fait. C’est un peu à reculons que je me rendais à la projection cannoise de son nouveau long-métrage La Vénus à la Fourrure. Adapté d’une pièce écrite par David Ives, l’intrigue ne met en scène que deux personnages, un metteur en scène et une actrice, enfermés dans un théâtre, discutant de l’œuvre de Leopold von Sacher-Masoch, elle-même intitulée Vénus à la Fourrure, qui lui avait valu de donner son nom au sadomasochisme. Polanski transforme ce huis-clos en poésie portée par la mélodie des mots de David Ives, le jeu de Mathieu Amalric, captivant et surtout la mise en scène millimétrée, angoissante, passionnante.

Nous pénétrons dans l’espace scénique ainsi que dansle champ fictif du film par un long travelling, nous en sortirons à la fin de la même façon, et à partir de ce moment seulement l’action peut naître sous nos yeux de spectateur. Cet espace est absolument primordial dans la mis en scène qui en joue pour montrer les rapports de domination soumission, entre l’homme et la femme, le personnage de severin et celui de Vanda, entre le metteur en scène et son actrice. Les personnages s’affrontent, s’humilient tour à tour par actes et par mots tout en critiquant une à une les prétentions d’une certaine conception du théâtre, en même temps qu’ils offrent une réflexion sur la misogynie, sur l’art surtout et la possibilité de créer et d’interpréter librement.

Une discussion sur le théâtre et sur la vie rendue captivante aussi bien par les sous-thèmes qu’elle soulève, que par cette réalité et cette fiction qui s’inversent, se mélangent, jsuqu’à en être indissociables, teintées toutes deux de ce burlesque si caractéristique des premiers films de Polanski. Le film et la performance des acteurs oscillent toujours entre horreur et comédie, jusqu’à ne pouvoir les désolidariser l’une de l’autre dans un final drôle, mystique et jouissif. L’ensemble est habillé par une musique d’Alexandre Desplats tout aussi teintée de cette dualité troublante. On pense au Bal des Vampires, on pense à Lune de Fiel et on pense surtout que l’on est heureux de retrouver le réalisateur de ce cinéma misanthrope et  ridiculement drôle.

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2 réflexions sur “La Vénus à la fourrure : huis-clos virtuose pour Polanski

  1. Comment peut-on encore soutenir cet ignoble pédophile violeur ? Comment pouvez-vous parler encore de ses films ? La vie d’une enfant ne vaut-elle donc rien dans les griffes des élites que vous admirez tant ? Sont-ils des « surhommes » qui n’ont pas de compte à rendre au vulgaire citoyen ? La vie humaine vaut-elle si peu face au « talent » (discutable d’ailleurs mais c’est une autre histoire)?

  2. Ah l’éternelle question du doit-on séparer l’homme de l’oeuvre ? Mais dans ce cas elle n’a pas lieu d’être je pense, vu que les faits qui lui sont reprochés sont assez litigieux, à moins que vous déteniez des informations top secrètes! Donc parlons plutôt de cinéma. C’est mieux.

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