My Sweet Peperland : John Wayne au Kurdistan

Hiner Saleem revisite le gens du Western dans un Kurdistan voisin d’Hollywood. Golshifteh Farahani se mue en héroïne libre et fragile et Korkmaz Aslan en John Wayne déterminé et toujours juste. Une vraie bonne surprise qui brise les tabous sans en avoir l’air.

My Sweet Pepper land c’est un peu le Rio Bravo Kurde, Korkmaz Aslan se met dans la peau du shérif fraîchement arrivé en ville avec la bonne intention de ne pas se laisser se dicter la loi par les groupuscules violents qui règnent sur le village. Tous les éléments du western  sont alors réunis : des coups de feu qui fusent, des affrontements virils, une conquête de l’ouest et une belle damoiselle à sauver. Le Kurdistan, où se déroule l’action, se prête parfaitement au genre, pays fraîchement libéré de la domination de Saddam Hussein, la conquête de l’ouest américaine y trouve son parfait terrain au milieu de ce désert rocailleux, de coutumes conservatrices et d’aventuriers à la recherche du pouvoir et de la liberté. Ce petit truc en plus c’est l’incursion du burlesque dans l’ensemble, qui dès la première scène, mettant en scène une pendaison bien laborieuse, donne le ton de l’ensemble. Parfois léger, parfois comique pour supporter un propos bien plus lourd et engagé.

En face de Baran, l’ancien combattant de la liberté recyclé en représentant de la loi, il y a Govend, une jeune institutrice, célibataire et loin de ses 7 frères et de son père. Victime d’une misogynie érigée en système, c’est au péril de sa vie qu’elle viendra porter l’éducation nécessaire aux enfants du village. Chassée, menacée, maltraitée, par tous les hommes qui l’entourent, c’est par elle que le réalisateur organisera sa réflexion portant sur l’importance de l’éducation dans l’évolution des mentalités, dont les femmes  sont les premières victimes. Ce femmes à qui Hiner Saleem donnera le premier rôle, en les mettant en scène ni mariées, ni soumises à l’autorité d’aucun homme, mais libres de penser et d’agir, les faisant même guerrières pour la liberté, en leur mettant des armes entre les mains.

La place est prête pour que l’histoire d’amour entre la courageuse institutrice et le beau shérif, dont la douceur s’oppose à la violence de tous les autres personnages masculins, se développe le plus naturellement possible. Moins traditionnel est le traitement de cette idylle dans un film parlant de la culture musulmane. Les deux héros de ce western moderne allant jusqu’à concrétiser sexuellement leur attirance. Une vraie bouffée d’air frais que ce Pepper land kurde qui n’a pas peur de franchir les barrières et le tout avec une touche d’auto-dérision, que demander de plus ?

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