Cha cha cha : un italien dans le noir

Cha Cha Cha lorgne du côté du film noir des années 40 et le fait bien. Une enquête cohérente de bout en bout portée par des acteurs tout aussi convaincants qui ne réussiront pas néanmoins à élever ce sympathique divertissement au rang d’œuvre brillante.

Cha Cha Cha est l’occasion pour Marco Risi de se faire un petit plaisir : réaliser son film noir en forme d’hommage au genre. Tout y est : le détective torturé et plein de charme brillamment interprété par Luca Argentero, qui s’impose en une scène de combat dénudée des plus intéressantes, la femme fatale, Eva Herzigova qui prend même des allures de mater dolorosa ou encore une photographie tout en clair obscur qui nous emmène à travers les ruelles sombres de la capitale romaine, des boîtes de nuit louches jusqu’aux endroits les plus en vue de la bourgeoisie romaine. Le film nous emmène surtout dans les arcanes d’un pouvoir corrompu jusqu’à l’os confirmant ainsi la paranoïa italienne autour d’un Etat basé sur l’abus de pouvoir, les pots de vin et trafics en tout genre. A tel point que même le spectateur ne sait plus à qui il peut faire confiance, chaque personnage révélant sa part d’ombre et passant alternativement du côté des bons, comme des mauvais.

La conclusion de Marco Risi est alors plus subtile qu’une simple opposition binaire, les personnages acceptent les règles, pour mieux en jouer et encore mieux en profiter et c’est alors ce que fera le spectateur, en ne cantonnant jamais un personnage à une catégorie. De cette subtilité, la réalisation en manquera ne réussissant jamais à s’affranchir des codes télévisuels, l’enfermant ainsi dans des automatismes un peu grossiers ou sans vraiment d’intérêt stylistique.

Pas de brio ni dans la réalisation ni dans le scénario mais une barque bien menée, une interprétation toujours juste, qui font du long-métrage un travail auquel on ne peut vraiment trop rien reproché. S’il ne s’élève pas plus haut qu’un bon divertissement du samedi soir, il n’en n’a pas non plus la prétention et c’est pour cette raison qu’il est d’autant plus charmant. On se laisse prendre au jeu des devinettes engendrées par le processus d’enquête jusqu’à la résolution finale qui ne manque pas d’un petit rebondissement. Une seule question semble insoluble : pourquoi ce titre… ?

Pour voir Luca Argentero dans une scène de combat en tenue d’Adam

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