Les Apaches : coup de coeur de la semaine

Thierry de Peretti passe derrière la caméra pour filmer son île d’origine : la Corse. Entre regard personnel amoureux et réalité inquiétante l’homme fait le portrait d’une île dont la beauté n’est qu’apparente. Un premier film maîtrisé de bout en bout qui témoigne du poids d’un déterminisme social et des extrémités auxquelles il peut conduire.

La Corse l’été : 40°c à l’ombre, eau bleue turquoise, flore incandescente, surtout  théâtre de décadence et excès en tout genre de ces « continentaux » débarqués tout droit de « gaule ». Continentaux fuis comme la peste par les locaux, qui leur construisent leurs résidences secondaires, leur font le service dans les hôtels luxueux de l’île de beauté ou encore leur gardent leur villa durant les 10 mois de l’année de leur absence. C’est sur cette relation répulsion/attraction que le réalisateur Thierry de Peretti a voulu mettre le doigt. Cette haine si ardente envers les habitants du vieux continent qui envahissent chaque été les terres sauvages de Corse est habitée dans le même temps par une fascination de cette certitude que la réussite s’y trouve, à l’image de la petite amie du personnage principal, qui accueille une offre d’emploi à Nice comme la promesse d’un avenir enfin meilleur.

La mise en scène dichotomique accentue cette évidence en opposant l’opulence des continentaux à la pauvreté des locaux qui se contentent de logement de fortune, caravanes et appartements miteux en tout genre, quand les premiers possèdent des villas au gigantisme outrageant qu’ils n’habitent seulement que deux mois de l’année. C’est sur cet antagonisme constant que reposent les fondements du drame qui va se jouer. La jalousie et l’envie mèneront les jeunes locaux à s’entretuer pour pouvoir enfin vivre comme ceux qu’ils méprisent. Les accents ne sont pas les mêmes, les coutumes et croyances non plus mais pourtant les ambitions sont similaires.

La mise en scène tendue, sobre, montre avec un détachement effrayant ce que le désoeuvrement de jeunes devant lesquelles on expose chaque jour tout ce dont ils sont privés. Terrifiante également la volonté du réalisateur de mettre en relief l’insouciance d’une jeunesse qui joue avec la vie et la mort comme ils le font avec l’alcool et les filles. Et dans un panoramique final de jeunes continentaux aveugles à la présence d’un jeune local, qui traverse les lieux comme un messager de la mort pour cacher l’arme de son ignoble crime, Thierry de Peretti accède au climax de l’horreur.

Les-Apaches-Photo-Du-Film-02

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s