Juno Temple est Magic Magic

Sebastiàn Silva s’essaye au film d’horreur avec son Magic Magic. Un film en forme d’expérience mystique qui explore les thèmes classiques du genre en instaurant une atmosphère pesante, portée par une bande son efficace.

Magic Magic est un des films passés par Sundance sur lequel  le festival de Cannes a, cette année, jeté son dévolu. Après la déception Fruitvale à Un certain regard et le mitigé Les Amants du Texas à la semaine de la critique, c’est au tour de la quinzaine de nous envoûter avec le film de Sebastiàn Silva. D’origine chilienne le réalisateur a fait preuve jusque là d’une grande rigueur et d’intelligence dans son travail, parmi lesquels on peut compter La Nana ou encore Les Vieux Chats. Ici il s’essaye à l’exercice de genre, en réalisant un film d’horreur, à l’ambiance pesante et paranoïaque.

L’action tourne autour du personnage archétypal du film d’horreur, la jeune fille innocente, interprétée par Juno Temple, autour de laquelle seront développés les thèmes tout aussi indispensables au genre : les frustrations sexuelles, la peur du passage à l’âge adulte et des responsabilités ou encore l’obsession de la mort. Longuement représentés dans le film, à travers un symbolisme redondant employant le plus souvent des animaux, soit morts, soit agressifs, ces thèmes vont presque jusqu’à l’indigestion. L’essentiel du long-métrage ne se trouve pas vraiment là, mais dans cette atmosphère que le réalisateur installe dès son premier plan découpant les personnages en deux, ne les filmant qu’à partir de la taille jusqu’aux pieds.

Le message est passé ; les protagonistes du récit seront toujours doubles aux yeux du spectateur qui ne saura jamais vraiment qui croire et à qui se fier. Alicia, premier visage à nous être dévoilé, est  tour à tour victime et bourreaux. Victime d’une force supérieure qui lui fait craindre les autres et les éléments naturels qui l’entourent, aussi bien  sa propre cousine que cette nature chilienne dans laquelle elle se trouve. Le doute est semé : s’imagine-t-elle ce qui lui arrive, victime d’une paranoïa schizophrénique ou est-elle vraiment la proie d’une force supérieure, presque surnaturelle ? Sebastiàn Silva s’amuse avec ce soupçon qu’il dissémine dans une scène d’hypnose, dans la présence de la culture Mapouche, traversée par un grand mysticisme et surtout dans son final ouvert, qui ne nous donnera jamais la réponse nous laissera le choix entre logique et imaginaire.

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