Océane : Une vague d’émotions

Le premier long-métrage de Philippe Appietto et Nathalie Sauvegrain nous surprend comme une vague violente. Sans prétention aucune, il nous retourne pourtant le cœur en réussissant à saisir la vérité de moments de vie dans ce qu’ils ont de joyeux comme de sombre. Un vrai potentiel de film estival culte !

On rencontre sa destinée souvent par les chemins qu’on prend pour l’éviter a écrit une fois un grand homme de lettres. C’est celle d’une grande jeune fille, Océane, pas encore tout à fait femme, qui se jouera sur une aire d’autoroute, sur laquelle elle se fait larguer au début de l’été. En embarquant dans la vieille Volvo d’un musicien sur le retour, c’est cette destinée qu’elle pensait fuir et vers laquelle elle se dirigera inexorablement. Un voyage initiatique au camping du Pin Sec qui la fera, en même temps qu’elle passe à l’âge adulte, revenir sur les traces de son passé et, en même temps qu’elle s’affranchit des liens familiaux, découvrir la force des liens du cœur.

C’est ce joli parcours adolescent que nous conte le temps d’un été les deux réalisateurs Philippe Appietto et Nathalie Sauvegrain. C’est surtout l’univers fantasmagorique que le couple semble vouloir approcher avec sa pleïade de personnages excentriques, du vieux rocker ringard qui se ballade en caleçon, tout droit sorti des années 80, le jour et se transforme en diva irrévérencieuse la nuit, à la propriétaire du bar délurée et délirante, tous à cotés de la, parfois trop violente, réalité. Avec aussi cet humour gras lourd et pourtant qui rend la vie bien plus légère. Parce que derrière le soleil, la plage et les maillots de bain, ce sont de sujets pas si estivaux qu’aborde le film Océane, comme la recherche du père ou encore celle du fils et surtout la difficulté de se démarquer dans cet espace normalisé qu’est la société française.

Ce sont ces marginaux, ceux qui ne sont pas vraiment dans le réel, mais qui marchent juste à côté pour éviter les bombes qu’il envoie, à qui les réalisateurs déclarent leur amour. Tout comme eux on apprend à les aimer un peu plus au fur et à mesure que le temps passe sur l’écran. Et comment ne pas tomber sous le charme de tous ces personnages d’abord, tour à tour, drôles, émouvants, perdus, décomplexés ou encore insolents, du lieu ensuite, havre de paix sur lequel souffle un vent d’Amérique et qui surtout accepte tout le monde comme il vient.

Si les situations sont alternativement émouvantes ou drôles, elles ne sont jamais pathos ou exagérées et bénéficient toujours d’un ton juste grâce à un scénario à l’écriture très travaillée. Le casting est aussi pour beaucoup dans la réussite de cet objet singulier, avec une Lou Lesage réincarnation toute trouvée de la Lolita de Nabokov et le couple Olivier Clastre et Diana Laszlo par moments véritablement hilarants. Enfin, tout était réuni pour faire de ce long-métrage un charmant objet, c’est ce qu’on appelle la magie du cinéma.

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